Mardi 8 décembre 2009
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J'adore les conteurs.
Voici un conte de Jean Louis Le Craver
qui nous emporte dans la rumeur digne d'un griot.
Mais derrière son apparence de dialogue de sourds
il nous livre une vérité toute nue :
à quoi te sert ton chien si tu n'as pas de discernement !
Les quatre bonhommes
Plus vous direz, plus vous mentirez
On n'est pas là pour dire la vérité
Tant que t'es pas tombé dans la poussière
T'as pas besoin de t'épousseter
Tant que t'es pas tombé dans la crotte
T'as pas besoin de te décrotter.
Ce matin dans la rue, j'ai vu quatre bonhommes :
le premier il était aveugle
le deuxième, il était manchot
le troisième il était cul de jatte
et le quatrième ...
Ah ! Le quatrième, il y voyait clair, lui !
Il avait deux bras, deux jambes,
il avait tout ce qu'il faut où il faut,
mais il était tout nu.
Tout d'un coup, celui qui était aveugle, il a dit :
- Eh les gars ! Regardez là-haut,
y a une cigogne !
Celui qui était manchot, il a pris son lance-pierres
et tac il a descendu la cigogne !
Alors celui qui était cul de jatte,
il a couru, il a ramassé la cigogne
il l'a donnée à celui qui était tout nu
Et celui qui était tout nu,
il l'a mise dans sa poche.
Jean Louis Le Craver
Par philofer
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Publié dans : rumeur agitée
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Dimanche 6 décembre 2009
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08:50
Je suis sous Word, un traitement de textes.
Ouais, qui traite qui dans cette histoire ?
Un soir de blue's, on pianote sur le clavier pour traiter ses états d'âme à l'émeri des mots.
C'est palper du bout des doigts le sensible, tout comme les accords que l'on plaque sur une guitare pour se laisser emporter par les mouvements des mains en harmonie avec notre émoi
intérieur.
La vie m'interroge et je reste pantois.
Les bras m'en tombent, parfois, quand je cherche des réponses à mon errance.
Oui, je me sens guère à l'aise sur cette terre et je rêve du roulis aux crêtes des vagues car là je fais corps avec l'élément.
Enfin je cherche à la mi-temps de ma vie la clef du mystère et cela me semble bien prétentieux.
Une voix interne me tutoie :
" Qui es-tu toi pour oser t'arrêter au bord du temps, pour comprendre l'impossible.
Contente toi du divin, de l'espoir des démocrates en cravate, des équilibres monétaires, des galeries marbrées où l'homo-créditus se goinfre de technologie placebo, de nourritures
virtuelles.
ALLONS SOIS RAISONNABLE QUOI !
Un peu de discipline diantre ! Aucun écart n'est tolérable, il y va de la survie de l'espèce.
Un engrenage est un engrenage et ce sont des types de ton genre qui empêche la roue de tourner.
Voyons, sérieusement crois-tu pouvoir échapper au leurre ?
Tu n'est qu'une proie comme les autres que l'on taquine à la mouche comme la truite de torrent.
Sois tu es au bout de l'hameçon, sois tu vends les hameçons.
Allez, tu vas pas faire la gueule alors que la saison du beaujolais nouveau commence !
C'est un vrai miracle tu sais, on est arrivé à multiplier les bouteilles alors que le vignoble est resté le même.
C'est un bel exemple de rentabilité moderne.
Et en plus on fait du social en permettant aux braves gens de noyer leur amertume dans du rubis !
Arrête de jouer les fiers et mélange toi au mouvement de la masse.
Tu te fais du mal, laisse toi porter par l'élan du peuple aseptisé.
Que veux-tu on a remplacé l'eau bénite par l'horizon à crédit et c'est diablement plus efficace.
Ils sont rares ceux qui trouvent leur voie hors de cette ligne, et petite remarque en passant, on ne les reconnaît le plus souvent que quand ils sont
morts.
Tu es dans un mouvement perpétuel que tu ne peux empêcher."
Oui, j'avoue parfois que j'envie ces messieurs tout le monde qui ne posent aucune question (ou du moins comme celles qui me rendent malade), qui jouissent comme
des pourceaux de leur temps de terrien en écrasant, en piétinant, en préservant leur honorabilité de masques hypocrites.
Ils n'ont pas de vision, rien ne les dérange si ce n'est leur confort, leur problème de bagnole,la température de la soupe, l'épaisseur de la moquette, le nombre
de giga de leur disque dur, les yeux bridés de la voisine, la taille de leur TV, les ragnanas de bobone, leur moyenne sur Paris / Toulon, le nombre d'allemands dans ce camping, la serrure de
leur porte blindée, le pipi de leur chien, le nombre d'arabes au mètre carré, l'heure de leur émission de variétés, les promotions à Carrefour, la qualité des petits fours du vernissage...
La liste serait longue.
Oui, le les envie de leur quiétude car moi je ne peux vivre ainsi sans conscience.
je ne comprends pas mes semblables et je voudrais pouvoir échapper au troupeau.
Seule la musique me réconcilie avec l'espèce.
Je me sens en décalage continuel et mes neurones sont sans cesse en éveil.
Alors il est doux de croiser sur son chemin quelqu'un qui partage les mêmes inquiétudes et qui semble se poser les mêmes interrrogations.
L'ami permet moi de regarder avec toi ce monde qui s'agite comme un manège de pantins et de chercher ceux qui comme nous refuse de tirer la queue de MICKEY.
Texte écris en novembre 1996 pour un ami fidèle.
Je suis surpris de voir qu'aujourd'hui je n'y change rien
(ormis le remplacement de"le nombre de têtes de leur magnétoscope "
par "le nombre de giga de leur disque dur").
Philofer
Par philofer
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Publié dans : la rue meurt
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